Soutien ou mise à mort?

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Mise à jour le Mardi, 20 Décembre 2011 10:16 Écrit par le Collectif

Ce jour dans le très bon article de Laurent DEROUET dans Paris Normandie, l'ARS joue la communication: "...nous allons inscrire une ligne budgétaire de 500 000 euros...", soit environ la moitié du déficit". FOR-MI-DABLE! Non, vraiment, quelle sollicitude!
Tous les ans (*)  depuis la mise en place de la T2A,  l'ARS (Agence Régionale de Santé) a compensé notre déficit structurel à hauteur d'1 million d'euros. Et pourtant, tous les experts s'accordent pour dire que  nous ne pouvons pas diminuer nos dépenses. Le directeur général adjoint de l'ARS le souligne lui même dans l'article: Le déficit n'est pas celui d'une mauvaise gestion financière, mais d'une spécialisation dans un secteur non rentable!

Cette année donc,  l'ARS ne donne que la moitié de cette somme... Alors? Est ce un soutien ou une mise à mort?  La moitié du déficit structurel correspond aux coûts engagés pour la  prise en charge des urgences gynécologiques que l'ARS refuse de nous reconnaitre, encore ce jour dans Paris-Normandie "...le Belvedere ne possède pas les caractéristiques d'un service d'urgences traditionnel et ne bénéficie pas des critères reconnus au niveau national pour bénéficier de ces sommes..."...

Il faudra donc informer les équipes soignantes qu'elles  ne font pas de "l'urgence" quand elles diagnostiquent une grossesse extra utérine et la prennent en charge en un temps record. Quelles seraient les conséquences, si les Urgences du Belvédère étaient réduites au financement de l'ARS, c'est à dire... rien...? Quel serait le gain, médical et humain, s'il fallait transférer toutes les patientes venues en souffrance, vers un "vrai" (!) service d'Urgences qui réponde à des critères administrativement reconnus?

Le paradoxe est complet: nous sommes un "établissement pérenne", une fierté régionale, un "fleuron". La tutelle nous reconnait l'efficacité, le dynamisme, la qualité. Notre situation déficitaire serait une malchance, liée à un remboursement qui n'est pas à la hauteur des dépenses engagées, bien que ces dépenses soient réduites à leur minimum. Malgré cela,  l'ARS nous demande de dégager des excédents... pour investir et diversifier notre activité!!! Le cercle vicieux se referme: impossible de dégager des excédents, nous avons fait le maximum,  notre "rentabilité" est reconnue. Sans investissement, impossible de diversifier l'activité. Sans diversification d'activité, impossible d'atteindre l'équilibre budgétaire. Ci-gît le Belvédère?

Notre note "triple A" (confiance de nos agences de notation et patientes) ne mérite vraiment pas une demi-rustine, mais enfin un véritable investissement pour que le Belvédère cesse d'être le grain de sable de la si parfaite tarification à l'activité (TAA ou T2A). Investir c'est l'Avenir.

 

(*) En 2010, grâce à notre augmentation d'activité et à la promesse orale de la direction de l'Agence Régionale d'Hospitalisation (ARH, structure précédant l'ARS) que les 500 000 euros correspondant à la prise en charge de nos urgences gynécologiques nous seraient attribuées définitivement en fin d'année notre budget prévisionnel avait atteint l'équilibre. Comme l'ARS n'a pas respecté sa promesse la fin d'année à été finalement déficitaire de 450 000 euros... que l'ARS nous a finalement attribué comme "aide"  de fin d'année pour les tensions budgétaires... mais pas l 'assurance que nos urgences seraient payées à leur juste tarif.... En conclusion, l'ARS a certaines clés en main pour nous éviter cette aumône permanente.

 

 

PS: pour comprendre en version sonore, voici les journaux du matin sur France Bleue Haute Normandie (avec leur aimable autorisation de diffusion). les fichiers au format MP3 sont ici en téléchargement (ici, puis ici, et enfin ici)

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La problématique du Belvedere... pour les nuls !

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Mise à jour le Mardi, 20 Décembre 2011 10:17 Écrit par Le Collectif

 

Qu’est ce que le Belvédère ?


C’est un établissement de renom…
Il s’agit un centre hospitalier public, dont l’activité principale est l’obstétrique. Il comporte également une pouponnière, un service de chirurgie gynécologique et une unité de néonatalogie de type kangourou. Etablissement séculaire, il est très présent dans le cœur des familles haut-normandes, de génération en génération.

Qui fonctionne bien…
C’est un établissement qui s’est construit sur des valeurs de respect et de  « bientraitance » des femmes, des couples et de leur enfant. Son bon fonctionnement est reconnu par ses usagers (>99% des patientes souhaitent y revenir) mais aussi au niveau national (nos indicateurs de qualités sont bons et la qualité fonctionnement de notre établissement a été reconnu médiatiquement.)
Tout son personnel est mobilisé pour faire tourner cette grande institution à une échelle humaine.

Qui est bien géré…
Sa gestion financière est saine. Les charges d’exploitation sont contenues. Plusieurs expertises et un rapport de la cour des comptes en attestent.

Alors, c’est quoi le problème aujourd’hui?

Son financement.
Il ne suffit pas de travailler bien pour être rentable ! La tarification à l’activité (T2A) permet de payer les hôpitaux en fonction de leur activité.
Suivant ce principe, en 2008, l’activité d’accouchement du Belvédère a été augmentée à personnel constant afin de compenser un manque de trésorerie. Travailler plus pour gagner plus, en un mot…
Cela devait permettre un retour à l’équilibre budgétaire, en accord avec l’ARS, afin que celle ci finance un projet important de restructuration. Cet équilibre a été atteint en 2010. Malgré une activité constante  et des dépenses contenues, nos recettes ont diminué en 2011.

Pourquoi cela  ne fonctionne t'il pas au Belvédère ??

Notre activité ne nous est pas payée en totalité
Le Belvédère assure un accueil 24h/24 des urgences gynécologiques, c'est à dire 3000 consultations par an. Ces consultations, bien que réalisées, ne sont pas valorisées au tarif « urgence » à l’hôpital. Cela représente environ la moitié de notre déficit actuel.

Les tarifs autour de la naissance sont à la baisse
L’établissement a pour activité principale la maternité. C’est un secteur où les tarifs de remboursement sont en baisse constante depuis plusieurs années, indépendamment du coût réel des soins. L’Etat compte donc sur l’hôpital pour trouver d’autres ressources (dans d’autres activités plus rentables). Ou alors, pour adapter les conditions de naissance au budget alloué… (naissance discount ??)

Nous ne voulons pas de cela !
La naissance est un moment privilégié, car fondateur dans la bonne mise en place de la relation entre l’enfant et ses parents. Mettre un enfant au monde est au delà de faire sortir un corps d’enfant d’un utérus… Cela doit rester un moment particulier dans la vie des parents. Tout en assurant la sécurité médicale, il est possible d’adapter les conditions de naissance aux souhaits des parents pour leur apporter une prise en charge humaine.
C’est ce que nous faisons au Belvédère.

Alors, quelles solutions pour le Belvédère ?

La fermeture ?
Non, quel dommage! Le savoir-faire du Belvédère est cultivé depuis des décennies. Il a marqué plusieurs générations de parents qui se sont retrouvés dans nos valeurs.
De plus, il ne serait pas aisé de répartir sur les autres établissements les 3600 naissances, 420 admissions dans le service de néonatalogie, 800 opérations de chirurgie gynécologique, 3000 consultations aux urgences gynécologiques, 700 IVG réalisés tous les ans.

L’association avec d’autres hôpitaux ou cliniques ?
Cela ne résout pas le problème du déficit des tarifs de l’obstétrique. Cela ne ferait que partager nos déficits et augmenter les cadences des usines à bébés.
Quant aux associations public-privé, elles n’ont pas montré leur efficacité jusqu’alors.
Contrairement à d’autres établissements, au Belvédère, la naissance est prise en compte dans sa globalité. Le couple parent-enfant forme un tout que nous laissons au maximum ensemble. Ainsi, lors d’une naissance, le nouveau né reste auprès de ses parents, même lorsque des manœuvres de réanimation sont nécessaires. En cas de naissance par césarienne, le conjoint est autorisé à entrer dans le bloc opératoire afin que le couple assiste ensemble à l’arrivée de l'enfant. Si un regroupement avec un autre établissement qui ne partage pas nos valeurs intrinsèques était effectué, nous craignons de perdre ce mode de fonctionnement.

C’est la crise, et les difficultés touchent tout le monde. Que proposez-vous, alors ?

Une évolution
Et bien, c’est vrai. Le centre hospitalier du Belvédère est à un tournant de son histoire. Bien conscient du climat économique actuel et malgré l’injustice des tarifs de l’obstétrique, une solution est réalisable.
Tout en gardant une activité forte de maternité, il est possible de développer l’activité de chirurgie pour la Femme. La chirurgie, notamment ambulatoire est une activité dont les tarifs, plus avantageux, permettraient de compenser ceux déficitaires de l’obstétrique.
Afin de pouvoir développer la chirurgie, il est nécessaire de diminuer l’activité de maternité pour libérer à la fois des lits et du temps pour permettre aux gynécologues obstétriciens d’opérer et aux soignants de s’occuper de leur patients.
Ce développement nécessite une restructuration du bloc opératoire et des salles de naissance. La restructuration de ce pôle, depuis longtemps en discussion avec l’ARH, puis l’ARS , avait été mise de côté en attendant un retour à l’équilibre budgétaire.

La chirurgie au Belvédère? J’ignorais que vous en faisiez! Quelle est votre activité actuellement?

La chirurgie au Belvédère, c’est pas nouveau !
Et oui. Nous ne faisons pas de commerce mais du soin. Et visiblement, la publicité n’est pas notre compétence principale. Cependant, nous réalisons des opérations de chirurgie gynécologique courante avec, à la sortie, des critères qualités équivalents à d’autres établissements privés ou publics. La durée de séjour est dans la moyenne, et notre taux de réhospitalisation est très faible. Nous réalisons plus de 30% de nos actes de chirurgie en ambulatoire (entrée le matin, sortie le soir même). Nos patientes sont satisfaites et nous sont fidèles.
Aujourd’hui, nous souhaitons valoriser notre capacité à satisfaire les besoins de nos patientes en chirurgie, et la diversifier.


En conclusion, que voulez-vous ?

Conserver la qualité des soins
Nous entendons souvent dire : « le temps, c’est de l’argent »…

Pour nous, le temps, c’est important et il n’est pas coté par la T2A…
Ce temps passé auprès de nos patientes, à l’écoute de leurs souhaits, est aussi un temps qui nous permet de mieux les connaître et ainsi de dépister plus tôt d’éventuelles complications. En santé, le temps est parfois vital.
Pour certains, le temps c’est de l’argent, laissez l’argent nous donner du temps ! Du temps à consacrer à nos patients.

Atteindre l’autonomie budgétaire
En pratique, nous voulons devenir autonomes sur le plan budgétaire.
Pour cela, nous demandons le soutien de l'ARS pour nos projets de développement de l'activité gynécologique et de la diversification de l'activité chirurgicale. Cela nécessite un plateau technique modernisé, et l'adaptation du personnel à la densité de l'activité, nous permettant ainsi de respecter le projet médical auquel patients et soignants tiennent tout autant.
Nous demandons une réduction du nombre d'accouchements annuels à 3400 accouchements afin de libérer des lits d’hospitalisation et du temps de soignants.
Nous demandons à l’ARS de respecter ses promesses et de nous accompagner financièrement pour combler notre déficit structurel de fonctionnement (Contrat Pluriannuel d’Objectifs et de Moyens) et de financer le projet de restructuration dans sa grande majorité, jusqu'à autonomisation de l'établissement sur les 5 prochaines années, au moins.

 

Quelques infos sonores (avec l'aimable diffusion de France Bleue haute Normandie) . les fichiers au format MP3 sont ici en téléchargement (ici, puis ici, et enfin ici)